Matthieu Boré "Frizzante"
Commençons cette chronique par un petit, tout petit reproche, comme ça ce sera fait et l’on pourra passer à tout le bien qu’on a à dire de cet album : mister Boré n’a pas le timbre de voix le plus retournant de la jazzosphère. Après tout ce n’est pas grave : l’un de nos héros, Tom Jobim himself lui même confessait ne pas avoir un organe inoubliable (ni même un jeu de piano à s’en relever la nuit), c’est dire si c’est un détail. L’important n’est pas le timbre de la voix, mais ce qu’on en fait : Matthieu Boré, dont ce n’est pas le premier album (il en a consacré un à Fats Domino, un autre plus doo woop, et encore un autre inspiré par Hoagy Charmichael, Gerschwin, Jerome Kern et Irving Berlin) est un très bon artisan du swing, passé par les petits clubs de la capitale... Bilboquet, Caveau de la Huchette, Jazz Club Lionel Hampton.
Un peu plus âgé que Jamie Culumm (il est né en 1971), Matthieu Boré partage un point commun avec l’Anglais : il chante et joue du clavier. Malgré une lourde hérédité (grand mère professeur de piano, arrière grand oncle auteur de transcriptions de Bach, arrière grand père chanteur d’opéra) et des études de piano débutées à l’âge de raison, il n’y a rien de pesant dans son univers, frais, subtil, et qui dénote un amour sincère des standards jazz... "Frizzante" pétille comme un cocktail au champagne. Santé l’artiste ! **** par En concert à Paris (New Morning) le 27 avril 2010 Infos : http://www.matthieubore.com Putting on the Ritz / It’s a good day / She / I love to see your smile / I love to singa / Somebody loves me / Satisfy my soul / dream a little dream of me / Side by side / Down in Old Shanghai / Love, love, love / thank you girl |